Olyos Group, basé à Mougins, près de Sophia Antipolis, veut devenir le numéro un français des compléments alimentaires d’ici moins de cinq ans, selon Le Journal des Entreprises. L’ambition est élevée, mais l’histoire intéressante se joue ailleurs: dans la manière dont une entreprise azuréenne tente de se faire une place dans un marché encombré grâce à la formulation, à la conformité, aux pharmacies et aux rachats de marques.
Olyos n’est pas une start-up du bien-être. Le groupe s’est construit autour d’EA Pharma, des Laboratoires des Granions, de l’oligothérapie et de la nutrition sportive avec Eafit. Il a ensuite empilé des marques et des implantations: Labcatal, Drasanvi en Espagne, Stardea en Italie, W Group aux États-Unis, Newscience au Chili, puis Somatoline en Italie. Motion Equity Partners, son actionnaire, le présente désormais comme un groupe de santé naturelle de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, actif dans plus de 60 pays, avec deux principaux sites de production à Annemasse et León.
Dans les compléments alimentaires, l’innovation ressemble rarement à une découverte de laboratoire. Elle tient plutôt dans une combinaison moins visible: choisir les bons actifs, les formuler sous une forme que les consommateurs acceptent, tenir les standards de qualité, respecter les allégations autorisées, convaincre les pharmaciens, puis faire vivre le produit dans un rayon déjà plein. Une poudre, une ampoule ou un comprimé ne s’imposent pas seuls. Il leur faut une preuve, une étiquette, un circuit et un rythme de renouvellement.
Le marché donne une bonne raison de se presser. Synadiet évalue les ventes françaises de compléments alimentaires à 2,9 milliards d’euros en 2024, dont 55 % en pharmacie. IQVIA observe, sur le périmètre pharmacie, parapharmacie, e-pharmacie et Amazon, un marché de 2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 4,7 %. Surtout, cette croissance viendrait principalement des lancements et rénovations de produits, plus que des références installées. Pour Olyos, la bataille n’est donc pas seulement d’être gros. Elle est d’être capable de sortir vite des gammes crédibles, puis de les pousser au bon endroit.
Depuis Mougins, le groupe pilote un ensemble devenu international, avec une culture pharmaceutique héritée d’EA Pharma et une stratégie d’acquisitions qui ajoute des marques, des pays et des expertises. Newscience renforce les probiotiques et les oméga-3 en Amérique latine. Somatoline rapproche les compléments de la dermo-cosmétique. Granions et Eafit restent les marques les plus visibles en France dans l’univers Olyos.
La promesse reste à manier proprement. Un complément alimentaire n’est pas un médicament. La DGCCRF rappelle que les allégations de santé doivent être autorisées, et ses contrôles 2023 ont relevé des anomalies dans un tiers des 270 établissements inspectés. L’Anses suit aussi les effets indésirables via la nutrivigilance. Pour un groupe qui veut dominer le marché, la conformité n’est pas un décor: c’est une condition de croissance.
Dans les Alpes-Maritimes, cette filière prend plusieurs formes. À Grasse, BotaniCert met les plantes à l’épreuve par l’analyse. À Mougins, Olyos travaille l’autre bout de la chaîne: marques, formulation, pharmacie, export et rachats. L’innovation locale tient parfois dans un laboratoire. Ici, elle tient dans la capacité à faire passer une formule du bureau de développement au comptoir d’officine, avec assez de rigueur pour durer.
Sources consultées
- Le Journal des EntreprisesOlyos vise la première place des compléments alimentaires en France
- Olyos GroupHomepage
- Motion Equity PartnersOlyos
- SynadietLa confiance des pharmaciens, au cœur de la croissance du secteur des compléments alimentaires
- IQVIACompléments alimentaires en France : l’innovation et le digital redessinent le paysage concurrentiel
- DGCCRFCompléments alimentaires : des anomalies encore trop nombreuses