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Tourisme : la Côte d’Azur cherche à mieux répartir un été déjà très demandé

Les réservations progressent pour l’été 2026. Dans les Alpes-Maritimes, la question est aussi de mieux répartir la valeur touristique.

Illustration - tourisme azuréen

Les réservations de l’été 2026 sont en avance sur la Côte d’Azur. Au 9 juin, Côte d’Azur France Tourisme relevait trois points de réservations hôtelières supplémentaires sur le littoral pour juin-août par rapport à 2025, un point de plus dans le moyen et le haut pays, et deux points d’avance pour les locations entre particuliers, dont l’offre disponible augmente aussi de 9 %.

Ces indicateurs sont une bonne nouvelle, mais ils disent surtout ce que les Alpes-Maritimes doivent désormais régler : comment faire vivre une saison déjà très puissante sans laisser toute la valeur se concentrer sur la bande côtière. La Côte d’Azur n’est pas une destination qui cherche encore sa place. En 2025, l’ensemble Alpes-Maritimes et Monaco a dépassé les 12 millions de touristes, avec plus d’un visiteur sur deux venu de l’étranger.

Ce tourisme repose sur des entreprises privées, mais il est aussi organisé par l’action publique. Côte d’Azur France Tourisme a pour mission de promouvoir la destination, mais aussi de suivre la fréquentation, d’analyser l’offre, d’animer des filières et de mettre en œuvre la politique touristique du Département. Dans son budget 2026, le Département prévoit 4,61 millions d’euros pour le programme tourisme, dont 3,5 millions pour des structures et associations à vocation touristique, notamment Côte d’Azur France Tourisme.

Le moteur le plus visible reste l’aéroport. Nice Côte d’Azur a accueilli 15,23 millions de passagers commerciaux en 2025. Pour l’été 2026, la plateforme annonce 130 destinations dans 47 pays, dont 112 à l’international et 15 lignes long-courriers estivales. Dans la même logique, Côte d’Azur France Tourisme constate déjà, pour juin-août, une progression des arrivées aériennes internationales par rapport à 2025, avec des hausses marquées depuis l’Europe centrale et de l’Est, l’Amérique du Nord, l’Asie du Nord-Est, l’Océanie et le Moyen-Orient.

Cette puissance a une géographie. L’Insee notait qu’à l’été 2025 les Alpes-Maritimes représentaient 22 % des nuitées touristiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur et que leur fréquentation progressait de 2,3 %. Dans les hôtels du département, 6,7 millions de nuitées ont été enregistrées sur la saison, dont 59,6 % réalisées par des touristes venus de l’étranger. Les hôtels haut de gamme des Alpes-Maritimes concentrent plus de la moitié des nuitées régionales de ce segment et ont encore progressé, portés notamment par la clientèle internationale.

La contrainte apparaît dans le même tableau. Toujours selon l’Insee, les Alpes-Maritimes concentrent 43 % des embauches régionales de préparation de saison dans l’hébergement-restauration, mais celles-ci ont stagné en 2025. Autrement dit, une destination peut attirer plus loin, vendre plus cher et remplir davantage, tout en dépendant d’un système local très serré : personnels saisonniers, restaurants, hébergements, transport d’arrivée, communes d’accueil.

Le guide des fêtes traditionnelles lancé cette année avec les 163 communes des Alpes-Maritimes, puis la campagne consacrée aux restaurants traditionnels, prennent alors un sens plus précis. Ils servent à orienter une partie de l’attention touristique vers les foires agricoles, fêtes patronales, corsos, tables de village, adresses de quartier et rendez-vous du moyen et du haut pays. C’est modeste face à la force de Nice, Cannes, Antibes ou Monaco, mais c’est le type de réglage qu’une destination déjà installée doit tenter.

La Côte d’Azur teste déjà ce réglage sur le calendrier, avec la prolongation de Nice-New York en hiver. L’été 2026 pose l’autre moitié du problème : une fois les visiteurs arrivés par Nice, comment les faire circuler dans un département qui va de la Promenade des Anglais aux vallées, des palaces aux fêtes de châtaignes, des tables de bord de mer aux restaurants de village.

Si la saison confirme les réservations de juin, le succès ne se mesurera donc pas seulement dans les chambres occupées du littoral. Il se verra aussi dans la capacité des Alpes-Maritimes à transformer une arrivée à l’aéroport en repas, nuitée, fête ou détour ailleurs dans le département.

Sources consultées
  1. Côte d’Azur France TourismeDes perspectives estivales prometteuses, lancement du guide des fêtes traditionnelles et nos restaurateurs à l’honneur
  2. Aéroport Nice Côte d’AzurL’Aéroport Nice Côte d’Azur dévoile un programme Été 2026 exceptionnel
  3. InseeLes Bouches-du-Rhône et les Hautes-Alpes soutiennent la fréquentation touristique
  4. Département des Alpes-MaritimesCôte d’Azur France Tourisme
  5. Département des Alpes-MaritimesProcès-verbal de l’assemblée départementale du 19 décembre 2025, budget primitif 2026