Deux enquêtes parcellaires complémentaires s’ouvrent dans la Vésubie post-Alex. À Roquebillière, du 25 juin au 10 juillet 2026, puis à Saint-Martin-Vésubie, du 29 juin au 17 juillet, la Métropole Nice Côte d’Azur cherche à acquérir les parcelles et immeubles nécessaires à la poursuite des schémas d’aménagement de la Vésubie, du Boréon et de la Madone.
Les habitants peuvent consulter les dossiers sur les pages préfectorales de Roquebillière et de Saint-Martin-Vésubie, ainsi qu’en mairie aux dates de l’enquête. Derrière la procédure, il s’agit de décider quelles emprises doivent passer dans la main publique pour permettre de reconstruire des protections de berges, des ouvrages d’art, des accès et des morceaux de voirie.
Dans une vallée où les torrents peuvent charrier des matériaux en masse, ce détail foncier n’est pas secondaire. Après une crue comme Alex, un mur ne se pose pas simplement “au bord de l’eau”. La reconstruction d’un pont dépend du lit du torrent, de la route à maintenir, des maisons proches et des limites de propriétés. Les plans d’aménagement finissent donc par se traduire en parcelles.
À Roquebillière, le schéma vise les protections de berges de la Vésubie, depuis la zone d’activités en amont du village vers l’aval. À Saint-Martin-Vésubie, le dossier de 2024 portait sur un ensemble plus large : protections sur le Boréon et la Madone, premier tronçon de Vésubie sous la confluence, zones de régulation du transport sédimentaire, reconstruction des ponts Maïssa, de Venanson et du quartier Deloutre, ainsi que des secteurs de la RM 2565 touchés par la tempête entre les ponts Maïssa et de Venanson. L’estimation disponible pour ce projet de Saint-Martin-Vésubie atteint 84,5 millions d’euros TTC.
Ce nouvel épisode se distingue donc de la reconstruction du cimetière communal de Saint-Martin-Vésubie, elle aussi passée par le foncier. Ici, le sujet n’est pas le remplacement d’un équipement communal détruit. Il est plus systémique : donner à la puissance publique les emprises nécessaires pour reprendre ou protéger des points sensibles d’une vallée où l’eau, les routes et les propriétés se serrent dans le même fond.
Le Département indique avoir mobilisé 331 millions d’euros pour la reconstruction de la vallée de la Vésubie, dont 282 millions déjà engagés. Ces montants donnent l’échelle. Mais la Chambre régionale des comptes a aussi rappelé, dans son rapport sur les opérations post-Alex du SMIAGE, que l’urgence avait parfois précédé la validation complète des schémas d’aménagement, avec un risque de mauvaise adaptation au changement climatique. Les enquêtes de 2026 appartiennent à l’étape d’après : plus discrète, plus procédurale, mais indispensable pour que les ouvrages futurs ne restent pas des traits sur un plan.
Pour les propriétaires concernés, la conséquence est immédiate : notification, consultation du dossier, observations possibles, puis décision préfectorale sur la cessibilité des parcelles. Pour la vallée, c’est une phase discrète de la reconstruction, mais elle dit beaucoup de l’après-Alex : à Roquebillière comme à Saint-Martin-Vésubie, protéger les torrents commence aussi par dessiner précisément ce que la collectivité doit maîtriser au sol.
Sources consultées
- Préfecture des Alpes-MaritimesMNCA Roquebillière, Schéma d’aménagement de la Vésubie
- Préfecture des Alpes-Maritimes / Métropole Nice Côte d’AzurAvis d’enquête publique, schéma d’aménagement du Boréon et de la Madone à Saint-Martin-Vésubie
- Métropole Nice Côte d’AzurSchéma d’aménagement du Boréon et de la Madone, appréciation sommaire des dépenses
- Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur / Cour des comptesSyndicat mixte pour les inondations, l’aménagement et la gestion des eaux maralpin, cahier 2 : les opérations post-tempête Alex
- Département des Alpes-MaritimesVallée de la Vésubie : une reconstruction durable en marche, cinq ans après la tempête Alex