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À Nice, Horus Pharma lance son biosimilaire pour la DMLA

Le laboratoire niçois lance Baiama, biosimilaire de l’aflibercept contre la DMLA humide, dans un marché de la rétine marqué par le coût des biomédicaments.

Illustration - Œil et laboratoire niçois

Horus Pharma, laboratoire installé à Nice, lance Baiama, un biosimilaire de l’aflibercept indiqué contre la DMLA humide. La nouveauté ne tient pas à l’invention d’une molécule. Elle tient à l’entrée d’un acteur niçois de l’ophtalmologie dans l’arrivée, en France, d’alternatives biosimilaires aux traitements biologiques chers de la rétine.

La DMLA touche la macula, la zone centrale de la rétine qui sert à lire, reconnaître un visage ou fixer un détail. La forme humide, d’évolution plus rapide, se traite avec des anti-VEGF, injectés directement dans l’œil, qui freinent la formation de vaisseaux anormaux. Ces traitements peuvent stabiliser ou améliorer la vision, mais ils imposent un suivi répété et des coûts élevés pour le système de santé.

Baiama appartient à cette famille. Son principe actif, l’aflibercept, est déjà connu à travers Eylea, le médicament de référence. Un biosimilaire doit démontrer qu’il est très proche du produit déjà autorisé, avec une efficacité et une sécurité comparables. L’Agence européenne des médicaments a autorisé Baiama en janvier 2025 ; dans une étude menée chez 434 patients atteints de DMLA humide, l’amélioration moyenne au test de lecture était d’environ 7 lettres avec Baiama, contre 6 avec Eylea après huit semaines.

Le lancement français intervient après un accord conclu en 2025 entre Horus Pharma, Formycon et Klinge Biopharma. Formycon, société allemande spécialisée dans les biosimilaires, porte le développement de FYB203, commercialisé sous les marques Baiama et Ahzantive selon les marchés. Horus Pharma prend en charge la commercialisation de Baiama en France et dans plusieurs pays européens, en s’appuyant sur sa spécialisation dans l’ophtalmologie.

Le prix éclaire le mouvement. Depuis le 15 mai 2026, le Journal officiel fixe la seringue préremplie de Baiama 40 mg/ml à 247,76 € TTC, contre 324,92 € pour Eylea 40 mg/ml en seringue préremplie. Baiama n’est pas seul : d’autres biosimilaires d’aflibercept, comme Ahzantive, Eydenzelt, Mynzepli, Pavblu ou Yesafili, apparaissent au même prix officiel. Horus Pharma n’ouvre donc pas une voie solitaire. Il entre dans une compétition où l’écart avec le produit de référence peut compter, si les ophtalmologistes l’intègrent dans leurs prescriptions.

Pour les Alpes-Maritimes, l’intérêt est là. Horus Pharma n’est pas une jeune pousse racontant un futur encore flou, mais un laboratoire indépendant de 240 salariés, né en 2003, qui revendique 116 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, 70 produits et une présence dans 42 pays. Depuis Nice, l’entreprise ne fabrique pas le récit d’une percée médicale. Elle montre une autre forme de compétence industrielle en santé : amener sur le marché un médicament biologique complexe, autorisé au niveau européen, dans un champ thérapeutique où la confiance des médecins compte autant que le prix.

Cette compétence est moins visible qu’un prototype en laboratoire. Elle devient décisive dans un domaine où le vieillissement augmente les besoins, où les traitements sont répétés, et où les systèmes de santé cherchent à contenir le coût des biomédicaments sans baisser le niveau d’exigence. Avec Baiama, Horus Pharma place son siège niçois à un endroit précis de la chaîne : entre la validation scientifique, les prix administrés, la prescription médicale et l’accès au marché.

Sources consultées
  1. Horus PharmaHorus Pharma enters the AMD Market
  2. European Medicines AgencyBaiama
  3. LégifranceAvis relatif aux prix de spécialités pharmaceutiques
  4. FormyconHorus Pharma becomes additional commercialization partner for Formycon's Eylea® biosimilar FYB203 in selected European countries under the brand name Baiama®