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À Cannes, Policloud cherche les prises électriques de l’IA

Policloud annonce avec CloudGrid Energy un accord-cadre présenté à 580 M€ pour déployer des unités de calcul IA près de sites déjà raccordés.

Conteneurs de calcul IA

Policloud, société du groupe Antimatter installée à Cannes-La Bocca, annonce avec CloudGrid Energy un accord-cadre pour fournir et déployer 280 unités de calcul en Europe d’ici fin 2027. Les deux entreprises présentent l’ensemble comme un programme de 580 millions d’euros. Le chiffre attire l’œil. Le sujet, lui, est plus matériel : l’IA a besoin de modèles, mais aussi de prises électriques, de terrain et de raccordements.

Quelques jours après notre article sur les data centers en conteneurs d’Antimatter à Cannes, cette annonce donne une suite commerciale au modèle. Policloud ne propose pas un grand campus de serveurs construit loin des usages. Son pari consiste à installer des micro-data centers conteneurisés près de sites qui disposent déjà d’énergie disponible : centrales solaires, parcs éoliens, biomasse ou hubs de recharge électrique.

CloudGrid Energy doit piloter le développement, le financement et l’exploitation des implantations. Les entreprises indiquent avoir sécurisé seize sites en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Suède. À terme, le programme représenterait 29 000 GPU, 2 millions de vCPU et 35 MW de capacité énergétique. Urbasolar est cité comme partenaire de déploiement, avec un rôle sur l’accès à son portefeuille de centrales solaires, les installations, les autorisations et les raccordements. Une première unité est annoncée comme opérationnelle à Bonne Voisine, dans l’Aube.

La nouveauté n’est pas seulement de vendre du calcul IA. Elle est de déplacer la logique d’implantation. Un data center classique demande du foncier, de la puissance électrique, du refroidissement, des délais de construction et souvent des années de raccordement. Policloud affirme pouvoir livrer des unités compactes, refroidies sans eau, dans des emprises de 50 à 100 m² selon les modèles. La Policloud 100 annonce 104 GPU pour 100 kW ; la Policloud 360 monte à 360 GPU pour 450 kW.

Ce choix répond à une pression plus large. L’Agence internationale de l’énergie prévoit un quasi-doublement de la consommation électrique mondiale des data centers d’ici 2030. Deloitte estime que l’inférence, c’est-à-dire l’usage quotidien des modèles déjà entraînés, pourrait représenter environ les deux tiers de la demande mondiale de calcul IA en 2026. Dans ce paysage, rapprocher le calcul de l’électricité n’est pas une coquetterie verte. C’est une tentative de contourner un goulet d’étranglement industriel.

Le terme d’accord-cadre compte toutefois. Il ne prouve pas encore que les 280 unités seront toutes livrées, utilisées et rentables. Les entreprises ne publient pas, à ce stade, le calendrier site par site, les clients finaux, les conditions financières détaillées ni de mesures indépendantes de performance.

L’annonce dépasse donc le prototype isolé, sans démontrer encore un réseau européen en fonctionnement. Pour les Alpes-Maritimes, l’intérêt est précis. Depuis la Cité des entreprises de Cannes-La Bocca, une jeune société locale tente de transformer l’un des problèmes les plus physiques de l’IA, l’accès à l’énergie, en objet industriel exportable. Le prochain test ne sera pas dans un discours sur le cloud souverain. Il sera dans les conteneurs effectivement branchés, site après site.

Sources consultées
  1. CloudGrid EnergyCloudGrid Energy and Policloud Sign a €580M Framework Agreement for 280 Distributed AI Computing Units Across Europe
  2. PolicloudDistributed, Sovereign Cloud for Cities and Enterprises
  3. Cannes Pays de LérinsUne première en Europe : implantation à Cannes d’un cloud local, fédéré, décentralisé et économe en énergie et en eau pour le stockage des données et l’IA
  4. pv magazine FranceL’alimentation des data centers, un nouveau débouché pour les renouvelables
  5. International Energy AgencyEnergy demand from AI
  6. DeloitteMore compute for AI, not less