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À Cannes, l’hydrogène arrive par le dépôt de La Bocca

Cannes Lérins déploie 14 bus à hydrogène sur Palm Bus. Le changement se joue autant au dépôt de La Bocca que dans les bus eux-mêmes.

Illustration - Bus hydrogène au dépôt

Cannes Lérins met en service ses premiers bus à hydrogène sur le réseau Palm Bus. Quatorze véhicules doivent être déployés progressivement sur les lignes A, B, 1 et 2, avant une flotte de 41 bus alimentés par hydrogène local à l’horizon 2033.

Le changement visible sera un bus plus silencieux, sans émission de CO₂ à l’échappement. La nouveauté se joue surtout au dépôt: l’agglomération ne se contente pas d’acheter de nouveaux véhicules. Elle installe une chaîne d’énergie au service de son réseau de transport.

Cette chaîne part du dépôt Palm Bus de Cannes-La Bocca, où la station Cannes Lérins Hydrogène est entrée en service. L’hydrogène y est produit par électrolyse de l’eau, à partir des eaux usées traitées de la station d’épuration Aquaviva, à Mandelieu. La station doit pouvoir produire jusqu’à 800 kg d’hydrogène par jour, avec une puissance de 2 MW.

Palm Bus dispose déjà d’une flotte présentée comme décarbonée depuis 2023, grâce à l’électrique et au biocarburant. L’hydrogène vient compléter ce système, non le remplacer. Pour l’exploitation quotidienne, il offre deux arguments simples: une autonomie annoncée de plus de 300 km et un plein d’environ quinze minutes. Sur un réseau de bus, ce sont des chiffres très concrets. Ils touchent aux rotations, aux pointes, à la disponibilité des véhicules et à la capacité de sortir les bus du dépôt sans transformer l’énergie en casse-tête d’exploitation.

Le programme représente environ 50 millions d’euros, en comptant la station et l’achat des bus. La station représente 16 millions d’euros. Elle est portée par la société Cannes Lérins Hydrogène, réunissant Hynamics, filiale d’EDF, l’Agglomération Cannes Lérins, la Banque des Territoires et la SEM départementale Green Energy 06. L’ADEME, l’Union européenne et la Région Sud interviennent aussi dans le financement.

Le terme “hydrogène vert” demande toutefois une lecture précise. Le dossier de 2025 parle d’hydrogène bas carbone et renouvelable: l’électricité consommée vient du réseau français, avec des garanties d’origine renouvelable, mais l’hydrogène renouvelable représenterait environ 30 % de la production du site, le reste étant qualifié de bas carbone. L’intérêt local tient moins au mot “vert” qu’à l’organisation concrète du carburant: produire près du dépôt un hydrogène bas carbone à l’usage et selon le montage énergétique annoncé, en utilisant de l’eau non potable et une infrastructure pensée pour les bus.

À terme, Cannes Lérins annonce 3 228 tonnes de CO₂ évitées par an et 2,6 millions de kilomètres parcourus chaque année avec ces bus. L’échelle annoncée est celle d’un équipement durable, pas d’une démonstration isolée: une moitié de flotte organisée autour d’un nouveau carburant.

Dans les Alpes-Maritimes, la transition des transports publics prend ici une forme très concrète: des lignes identifiées, un dépôt, une station d’épuration, une station hydrogène et des bus à faire rouler chaque matin entre Cannes, La Bocca et le bassin de vie cannois.

Sources consultées
  1. Agglomération Cannes Pays de LérinsMise en circulation des premiers bus à hydrogène vert
  2. Ville de CannesLes premiers bus à hydrogène circulent sur le bassin cannois
  3. Banque des Territoires / Hynamics / Cannes LérinsÀ Cannes, finalisation de la première station d’hydrogène décarbonée par électrolyse de l’eau de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur
  4. Cannes Pays de LérinsValorisation énergétique