Sur la Côte d’Azur, un transat vide à 14 heures ne se rattrape pas le lendemain. La place est perdue avec le soleil, le déjeuner possible, le client qui aurait réservé, parfois la rangée entière qu’il fallait mieux remplir.
À Nice, MySunBed a bâti son pari sur cette évidence très locale : la plage privée n’est pas seulement un décor, c’est un espace rare à gérer heure par heure.
La start-up niçoise vient de changer d’échelle. Le 28 mai, la CCI Nice Côte d’Azur a annoncé que My Sun Bed représenterait le territoire en finale nationale du concours Graines de Boss 2026, après une sélection parmi 30 candidatures et six finalistes. Le lendemain, Le Journal des Entreprises indiquait que l’entreprise, qui compte 12 collaborateurs, avait levé 1,6 million d’euros auprès d’investisseurs locaux et européens pour accélérer son déploiement.
Côté vacancier, le service tient en quelques clics : choisir une plage privée, une piscine ou un établissement de vacances, puis réserver sa journée. MySunBed affiche déjà des offres en France, en Italie, au Maroc, aux Émirats arabes unis, au Mexique ou en Espagne. Dans les Alpes-Maritimes, la plateforme référence notamment des établissements à Nice, Cannes, Antibes-Juan-les-Pins, Villefranche-sur-Mer et Menton.
Le cœur du modèle se trouve pourtant côté exploitant. MySunBed Business vend aux plages et piscines un plan de plage numérique, un suivi des réservations, des indicateurs et un objectif très concret : savoir quelle place est prise, laquelle reste disponible, ce qui se perd en haute saison. L’entreprise revendique plus de 150 établissements partenaires.
L’ancrage azuréen n’est pas un hasard. La destination Côte d’Azur, Alpes-Maritimes et Monaco, a dépassé les 12 millions de touristes en 2025, avec plus de la moitié de visiteurs étrangers. Elle ne vend donc pas seulement une image de carte postale. Elle gère des flux, des pics de demande, des clients qui réservent avant d’arriver et une ressource limitée : quelques mètres de rivage, quelques heures de soleil, un taux de remplissage.
Une limite demeure : le logiciel ne change pas le statut de la plage. Les concessions restent encadrées et, sur les plages naturelles, au moins 80 % de la longueur du rivage et 80 % de la surface doivent rester libres de tout équipement. La société ne privatise pas la mer ; elle optimise la partie déjà exploitée.
La société dépasse ainsi la simple application de vacances. Elle part d’un objet emblématique de la Riviera, le transat, et en fait un outil exportable pour l’économie balnéaire. Le transat reste planté dans le sable. Le logiciel, lui, peut voyager.
Sources consultées
- CCI Nice Côte d’AzurGraines de Boss 2026 : My Sun Bed représentera la Côte d’Azur en finale nationale
- Le Journal des EntreprisesMySunBed lève 1,6 million d’euros pour se déployer sur les plages du monde entier
- MySunBed BusinessMySunbed Business - La solution de gestion pour plages et piscines
- Côte d’Azur France TourismeBilan touristique 2025 réalisé par l’Observatoire du Tourisme de la Côte d’Azur
- LégifranceDécret n°2006-608 du 26 mai 2006 relatif aux concessions de plage