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À Saint-Laurent-du-Var, le port cherche sa place entre bateaux, terrasses et piétons

La CCI Nice Côte d’Azur engage 34 millions d’euros de travaux au port de Saint-Laurent-du-Var, entre promenade, terrasses et stationnement.

Illustration du port réaménagé

Sur le quai La Pérouse, il faut faire tenir beaucoup de monde sur une bande de littoral: les bateaux, les restaurants, les promeneurs, les voitures, les cyclistes, les livraisons, les plaisanciers pressés et ceux qui viennent simplement marcher face à la mer. C’est cette cohabitation très concrète que la transformation du port de Saint-Laurent-du-Var va mettre à l’épreuve.

Depuis le 1er janvier 2026, la CCI Nice Côte d’Azur gère le port dans le cadre d’une délégation de service public de vingt ans confiée par la Métropole Nice Côte d’Azur. Le site compte déjà dans la vie locale: 1 083 anneaux, 39 établissements, commerces et services, et plus de 34 millions d’euros de travaux annoncés d’ici 2030.

Le cœur visible du projet se situe sur le quai La Pérouse. La CCI annonce une promenade plus claire, davantage de place pour les piétons et les vélos, des terrasses agrandies, 166 arbres, 4 000 m² d’espaces végétalisés, des panneaux photovoltaïques, un suivi de la qualité de l’eau et une collecte mieux organisée des déchets des restaurants.

La voiture, elle, ne disparaît pas du paysage. Le programme prévoit deux parkings en ouvrage et 695 places au total. La station-service située en bord de mer doit laisser place à un parking et à un yacht-club. C’est l’un des points les plus parlants du projet: rendre le quai plus agréable sans rendre le port moins praticable pour ceux qui y travaillent, y stationnent, y mangent ou y tiennent leur bateau.

Avant les travaux, il a fallu régler la question de la gestion du port. Le port était lié depuis 1975 à une concession arrivée à son terme fin 2025. La nouvelle attribution à la CCI a été contestée par deux candidats non retenus, Renaudi Holding et D-Marin France, mais le tribunal administratif de Nice a rejeté leur demande d’annulation en septembre 2025. Le cadre est donc posé. Reste la partie la plus visible: faire passer les travaux dans un port qui continue de vivre.

Saint-Laurent-du-Var n’est pas un cas isolé sur la Côte d’Azur. Le littoral y manque rarement de candidats: restaurants, plaisance, tourisme, promenade, stationnement, activités nautiques, accès aux transports. À l’ouest de Nice, entre l’aéroport, la gare, les grands axes et le front de mer, chaque amélioration d’espace public devient vite un arbitrage entre usages concurrents.

C’est pour cela que le projet dépasse le simple embellissement portuaire. Sa réussite se verra moins dans les images de synthèse que dans des scènes ordinaires: un dimanche d’été, un matin de livraison, un soir de service en terrasse, un plaisancier qui cherche son accès, une famille qui veut marcher sans slalomer entre les voitures.

Le port peut devenir plus agréable, plus lisible, plus vert. Mais son vrai test sera simple: que chacun y trouve encore sa place, sans transformer le quai en partie de Tetris au bord de l’eau.