Nice pourrait perdre les épreuves de glace au moment où le Département des Alpes-Maritimes vote un soutien pouvant atteindre 40 millions d’euros pour les infrastructures olympiques. Le calendrier résume le problème : le vote du 29 mai ne ressemble déjà plus à un simple soutien aux JO d’hiver 2030.
Dans le scénario présenté jusqu’ici par la Ville, Nice devait être l’un des grands points d’ancrage des Jeux. L’Allianz Riviera devait accueillir le hockey sur glace, le Palais Nikaïa le curling, avec aussi du patinage artistique, du short-track, un village olympique d’environ 1 500 lits et une nouvelle patinoire de 5 000 places promise comme héritage durable.
Ce décor est en train de changer. Les organisateurs des Alpes françaises 2030 privilégient désormais un regroupement des sports de glace dans la métropole de Lyon. Le blocage ne tient pas à une abstraction olympique : il passe par des lieux très identifiables, dont l’Allianz Riviera, dont la transformation temporaire en site de hockey complique les coûts, les délais et l’organisation sportive.
Pour les habitants, la question n’est donc plus seulement de savoir combien le Département mettra. Elle est de savoir ce que cette somme achètera encore à Nice.
Si la glace part, l’héritage local ne pourra plus se raconter avec les grandes affiches de hockey ou les épreuves de patinage. Il devra se mesurer à ce qui reste : le village olympique et sa reconversion annoncée en logements étudiants et sociaux, les aménagements de Nice Ouest, les équipements maintenus, les frais futurs, les usages après 2030. Une patinoire, un village ou une voirie ne se jugent pas seulement pendant quinze jours de compétition. Le vrai test arrive après : clubs, étudiants, riverains, budget de fonctionnement.
Le dossier du parking communal P1 Bis l’avait déjà montré à sa manière. Avant même les Jeux, Nice doit régler des questions de foncier très ordinaires, parcelle par parcelle, près des secteurs appelés à accueillir une partie du futur village olympique.
Le Département montre qu’il ne veut pas sortir du dossier. Mais une enveloppe ne dit pas encore son usage. Dans un projet qui se recompose, les 40 millions d’euros ne posent pas seulement une question de budget. Ils posent une question plus simple : que restera-t-il, à Nice, quand les Jeux seront partis ?