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À Sophia Antipolis, Oterrix veut rendre les moteurs de satellites moins toxiques

Créée à Biot en février, la jeune pousse azuréenne travaille sur une propulsion plus sûre pour satellites, un créneau qui prend du poids à mesure que l’orbite se remplit.

Satellite en orbite au-dessus de Sophia

Pour éviter une collision, rester à la bonne altitude ou préparer sa fin de mission, un satellite doit encore pousser une fois dans l’espace. Ce travail se joue avec de petits moteurs, souvent invisibles dans le récit spatial, mais décisifs dans la vie d’un engin en orbite.

C’est sur ce créneau qu’Oterrix veut se placer. Constituée fin février 2026, la jeune entreprise est installée à Alpha Sophia Antipolis, rue Pierre-Laffitte à Biot. Son objet social vise la conception, le développement, la production et la vente de produits spatiaux, notamment des moteurs et dispositifs de propulsion.

Le Journal des Entreprises a signalé le 27 mai que la start-up azuréenne veut « verdir et sécuriser » la propulsion des satellites. Son fondateur, Emmanuel Kot, présente de son côté une ambition resserrée : développer des systèmes de propulsion pour satellites dans une gamme de poussée de 0,5 à 20 newtons, avec des solutions qu’il présente comme non toxiques, écologiques et décarbonées.

À ce stade, rien ne permet encore de parler d’un produit qualifié ou d’un client identifié. Oterrix recrute un ingénieur en propulsion spatiale, ce qui situe plutôt l’entreprise dans une phase de construction technique. Mais le problème qu’elle cible, lui, est bien connu : l’hydrazine, longtemps utilisée pour les propulseurs de satellites, est efficace mais très toxique, corrosive et contraignante à manipuler.

La pression augmente avec l’encombrement de l’orbite. Selon les statistiques de l’Agence spatiale européenne mises à jour en avril 2026, environ 15 200 satellites sont encore en fonctionnement autour de la Terre. Plus il y a d’objets à maintenir, déplacer ou désorbiter proprement, plus la propulsion devient une question de sécurité autant que de performance.

Dans les Alpes-Maritimes, cette histoire déplace un peu le regard. Le spatial local est souvent associé à Cannes-La Bocca et aux grands programmes de Thales Alenia Space, comme le rappelait notre récent article sur le contrat Lisa. Oterrix raconte une autre partie de la chaîne : les composants spécialisés, moins visibles qu’un satellite entier, mais nécessaires pour qu’il ne devienne pas simplement une belle boîte coincée au mauvais endroit.