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À Menton, une caméra surveille un torrent qui peut presque disparaître

Sur le Borrigo, le SMIAGE installe une caméra pour suivre un cours d’eau discret par temps sec, mais capable de réagir très vite sous la pluie.

Caméra surveillant le Borrigo

À Menton, la caméra ne regarde ni une plage ni un carrefour. Elle regarde le Borrigo, un cours d’eau côtier qui descend de Sainte-Agnès, traverse la ville sur un peu plus de huit kilomètres et rejoint la Méditerranée près du jardin Élisée-Reclus.

Par temps calme, le Borrigo peut presque sortir du décor. Lors d’un épisode pluvieux intense, il peut revenir très vite au premier plan. Le SMIAGE le décrit comme un cours d’eau à réactions rapides et torrentielles, à cause de sa forte pente. C’est pour cette raison qu’une caméra de surveillance vient d’être installée avenue des Acacias, avec un rôle précis: observer le niveau d’eau et aider à repérer plus tôt une montée de crue.

L’équipement n’est pas une caméra urbaine ordinaire. La convention technique prévoit une caméra fixe, équipée d’infrarouge, orientée vers le cours d’eau dans le cadre de la gestion des inondations. Autrement dit, elle ne “protège” pas Menton à elle seule. Elle donne plutôt un peu de visibilité là où le délai peut être court: entre la pluie en amont et ce que l’on constate au niveau des rues, des ponts ou des ouvrages.

C’est le vrai sujet de cette installation. Sur les petits fleuves côtiers de la Riviera, le risque ne ressemble pas toujours à une grande rivière qui monte lentement. Il peut tenir dans un vallon étroit, un lit presque oublié, un passage sous voirie, puis dans une eau qui accélère. À Menton, l’État rappelle que la commune est traversée par plusieurs cours d’eau à régime torrentiel, dont le Careï, le Borrigo, le Fossan et le Gorbio. Les inondations de 2014 avaient déjà montré que ce risque n’était pas théorique.

La caméra du Borrigo s’inscrit donc dans un maillage plus large. Le Careï, le Fossan, le Gorbio et le Saint-Roman font aussi partie des cours d’eau équipés ou en cours d’équipement dans la stratégie de prévention portée sur la Riviera française. Après les capteurs signalés en avril entre Menton et le Cap Martin, le mouvement se précise: la prévention passe aussi par de petits dispositifs, placés sur les points sensibles, avant que la montée ne soit déjà visible en ville.

Pour les riverains, le message est simple. Une caméra ne remplace ni les consignes de vigilance, ni l’entretien des vallons, ni les décisions d’évacuation quand elles sont nécessaires. Mais sur un torrent urbain comme le Borrigo, voir quelques minutes plus tôt peut déjà éviter de regarder l’eau trop tard. Sur la Côte d’Azur, un cours d’eau qui a l’air sage mérite parfois d’être regardé avant l’orage.