À Grasse, l’ancien palais de justice continue sa deuxième vie de campus. À la rentrée 2026, il doit accueillir une antenne de l’ILERI, école privée de relations internationales et de sciences politiques rattachée à son campus de Nice.
Le choix du lieu n’est pas anodin. Réhabilité en 2023, Le Palais est devenu le bâtiment principal de Grasse Campus, avec plus de 3 000 m², deux amphithéâtres, quatorze salles de cours, des laboratoires multimédias et un fablab. Dans un bâtiment longtemps associé à la justice, la ville installe désormais des formations après le bac.
L’ILERI y annonce un bachelor en relations internationales : droit, économie, géopolitique, langues, stages. Pour un lycéen du pays de Grasse attiré par ces sujets, le premier réflexe ne sera plus forcément de regarder seulement vers Nice, Aix, Paris ou l’étranger.
La nuance est importante. L’école est privée, l’admission est sélective, et les frais affichés pour septembre 2026 commencent à 8 700 euros en première année, puis 9 100 euros et 9 300 euros les deux années suivantes. L’enseignement supérieur privé pèse désormais plus d’un quart des effectifs étudiants en France ; à Grasse aussi, l’élargissement de l’offre locale passe donc en partie par des formations qui rapprochent les salles de cours, mais pas toujours leur prix.
Cette arrivée s’inscrit dans une montée en puissance déjà visible. Grasse Campus revendiquait plus de 800 étudiants dès 2020-2021, contre un peu plus de 200 en 2015. La Ville présente aujourd’hui un ensemble d’environ 1 000 étudiants, 21 établissements et 44 formations, avec une extension prévue en septembre 2026 dans l’ancienne gendarmerie pour accueillir plus de 400 étudiants supplémentaires.
Derrière l’annonce, Grasse poursuit un objectif très concret : garder davantage de jeunes en centre-ville après le bac, et faire de l’après-bac autre chose qu’un départ automatique vers les grands pôles voisins. Reste à voir combien d’étudiants choisiront vraiment cette nouvelle adresse, et quels liens l’école nouera avec le territoire. Mais le signe est net : dans les anciens bâtiments publics de Grasse, on prépare désormais aussi des rentrées.