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À Sophia Antipolis, des signaux pour mieux lire le cœur

À Université Côte d’Azur, Olivier Meste travaille sur l’analyse des signaux cardiaques pour mieux comprendre ce que les battements disent déjà.

Illustration de signaux cardiaques

Un cœur ne bat pas comme une horloge. Après un effort, il accélère, ralentit, se règle avec la respiration, retrouve son rythme plus ou moins vite. Une partie de cette histoire tient dans une courbe. Encore faut-il savoir la lire.

À Sophia Antipolis, Olivier Meste, professeur à Université Côte d’Azur et chercheur au laboratoire I3S, travaille précisément sur cette lecture. Ses recherches portent sur les signaux biomédicaux liés à l’activité cardiaque: repérer ce qui compte dans une mesure, distinguer le signal du bruit, relier une variation à un fonctionnement du corps.

Le sujet n’est pas un stéthoscope magique ni une application prête à remplacer un médecin. Il se situe avant cela, dans le travail moins visible qui consiste à transformer une trace physiologique instable en information fiable. Le cœur varie avec l’effort, l’âge, certains troubles du rythme, le diabète ou le syndrome métabolique. Ces variations peuvent devenir utiles si elles sont interprétées avec assez de finesse.

Le laboratoire I3S donne au sujet son ancrage local. Ce laboratoire de sciences numériques, rattaché à Université Côte d’Azur et au CNRS, ne travaille pas seulement sur des lignes de code abstraites. Dans ce cas, le traitement du signal sert à approcher une question très ordinaire: que raconte vraiment un cœur qui accélère, récupère mal, ou se dérègle?

L’enjeu dépasse Sophia Antipolis. En France, les maladies cardio-neuro-vasculaires ont provoqué 1,2 million d’hospitalisations chez les adultes en 2022, selon Santé publique France. Mais l’intérêt de cette recherche azuréenne n’est pas de promettre un grand raccourci médical. Il est plus précis: mieux exploiter les mesures déjà produites par le corps, avant même de parler d’usage clinique.

Pour les Alpes-Maritimes, le signal est clair, si l’on ose dire: une partie de l’innovation en santé se joue aussi dans les laboratoires qui apprennent à écouter proprement. Le cœur fournit déjà beaucoup de données. Le défi, maintenant, est de ne pas les laisser parler toutes en même temps.